Pensées et expériences d’un handi-entrepreneur éco-responsable.

Quand on est entrepreneur ce n’est pas les idées qui manquent. Une par heure en moyenne en ce qui me concerne lol

Mais la constante qui prédomine dans ma manière d’entreprendre, c’est de le faire d’une manière responsable.

Responsable sur le plan humain à travers une politique RH digne de ce nom et je ne manquerai pas d’aborder cette question dans un futur article. Mais aussi plus que jamais avoir une politique éco responsable dans le but d’atteindre la neutralité carbone.

Dans certains métiers cela devient une prouesse . Depuis maintenant deux à trois décennies nous avons pris pour mauvaise habitude à travers la mondialisation de consommer des produits de l’autre bout du monde. Peu chers mais souvent de basse qualité et peu générateur d’emplois. Quand ils ne sont destructeurs pour l’humain et la planète.

Je n’ai jamais non plus adhéré à tous ces labels commerciaux qui n’ont souvent pour objectif que de verdir le marketing et de tromper le client. Nous avons tous en tête le bio français et le bio marocain qui ne sont pas du tout la même chose en terme de polluants et de bénéfices pour la santé.
J’ai aussi trop bien connu les projets connotés « handicaps » qui n’ont d’exemplarité que les quelques mots sur le papier.

Mon aventure avec la relocalisation française a commencé avec mon besoin il y a près de 22 ans pour ma carrière sportive. À l’époque le seul tricycle que je pouvais utiliser en compétition faisait une trentaine de kilos. Ce n’était plus du vélo c’était du char d’assaut lol .

Il a fallu que je croise la route d’un petit artisan alsacien et de son génie créatif pour que je libère enfin tout le potentiel de mon tricycle et de ma discipline par la suite.

Ensuite en 2006 j’ai croisé la route d’un autre artisan de la région stéphanoise qui fabriquait depuis une trentaine d’années des vélos pour la compétition professionnelle. Ce dernier en voyant mon tricycle se mit en tête de me fabriquer « à l’ancienne » mon nouvel étalon. Quand je dis à l’ancienne c’est papier , crayon, tube d’alus et architecture artisanale. Mon tricycle n’a pas fait 100 000 km à travers 15 pays pour finalement m’être livré avec une peinture en Turquie un assemblage des roues en Chine et un coup de nettoyage en Bulgarie. il était produit dans un petit bled de la Loire de A à Z.

Faits marquants 240 000 km plus tard et des dizaines de milliers d’heures d’entraînement et de compétition plus tard il n’a jamais bougé. Le matos mondialisé lui aurait sans doute fini à la poubelle au bout d’un an.

Il faut bien comprendre que les grandes idées de ce type la, avant d’avoir un process industriel sont souvent issues de la matière grise d’individualité et de compétence exceptionnelle de petits artisans qui se font rares sur la planète. Pourtant l’histoire nous a démontré que les compétences et les expériences ont existé puis ce sont amoindries et ont fini par disparaître.

Si je prends l’exemple de mon tricycle. Il est issu d’une technologie Française qui a plus de 100 ans La France, historiquement est un pays particulièrement reconnu pour ses innovations et son terreau industriel « cycles ». Le tricycle fin 19e début 20e était un mode de transport extrêmement répandu. Mais l’arrivée de la voiture a tout simplement conduit les déplacements doux à disparaître et faire disparaître par la même occasion les savoir-faire. En 99 puis en 2006 il ne restait que cinq artisans spécialistes des métiers du cycle qui ne formaient plus de nouveaux artisans.

Je pense sincèrement que les solutions d’avenir en termes d’écologie proviennent souvent de l’histoire. Bien sûr il y a des nouveaux matériaux et de nouveaux process industriels. Mais bien sûr si nous ne maîtrisons pas l’histoire même de la technologie si nous ne nous souviendrons pas de comment cela a été élaboré et comment cela a évolué.

Aujourd’hui quand je lance un nouveau projet et comme je l’ai fait pour toutes mes boites, il est important pour moi et mes collaborateurs de faire un état des lieux non seulement des technologies que nous avons besoin mais aussi l’historique de ses technologies. Qui détient les process ? Comment faire évoluer les compétences ? Peut-on les rendre moins impactant ? Quels sont les besoins humains, comment vont-ils se développer dans les années à venir ? Il y a-t-il des besoins de formation? Comment rendre le travail plus efficace mais aussi plus plaisant ?

J’aime aussi mettre en adéquation la problématique transport. Je considère qu’il est important non seulement de réduire les déplacements mais aussi dans la mesure du possible d’avoir un système de production ou de compétence-service qui soient imbriqués les uns avec les autres dans un rayon maximum de 50 kms. Reste après à multiplier le modèle dans les autres zones géographiques où l’on souhaite vendre son produit. Cela inclut par la même occasion la création d’emplois. Ne pas oublier non plus la digitalisation qui est pour moi source d’intelligence collective mais vecteur aussi de confort en supprimant par exemple les déplacements.

Je garde comme modèle que l’on produire localement et que l’on doit professionnaliser à travers la formation et la création d’emplois. Le produit se doit aussi d’être de qualité réellement made in France et non axé sur l’obsolescence programmée. Derrière il y a une vraie demande de la part du consommateur pour un produit sincèrement éco responsable. Cette demande doit être doit être encouragée par une transparence et une traçabilité accrue . J’aime que les gens puissent savoir ou comment et par qui sont produits ce qu’ils ont acheté et bien sur comment il sera recyclé après la mort de leurs achats.

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