Il y a des espaces que l’on ouvre sans savoir exactement ce qu’ils deviendront.
Celui-ci appartient à cette catégorie.
La rubrique Écriture & Art n’est pas pensée comme une vitrine classique, ni comme un portfolio figé, ni comme une démonstration de production. Elle est plutôt conçue comme un territoire de recherche : un lieu où déposer des formes, des fragments, des images, des textes, des intuitions, des essais, parfois aboutis, parfois volontairement ouverts.
Elle existe parce que certains sujets ne peuvent pas toujours être contenus dans les formats habituels : une page de présentation, une biographie, une offre professionnelle, un article d’analyse ou une intervention publique.
Il y a des choses qui demandent une autre forme.
Un espace pour les formes en cours
Écrire, photographier, composer une image numérique, assembler des fragments ou construire un récit ne relève pas toujours d’un projet immédiatement identifiable. Parfois, il ne s’agit pas encore d’un livre. Pas encore d’une série. Pas encore d’une œuvre stabilisée.
Mais quelque chose insiste.
Une image revient.
Une phrase demeure.
Une sensation cherche sa forme.
Un souvenir se transforme.
Une idée demande à être déposée quelque part avant de disparaître.
Cette rubrique est créée pour cela : accueillir les formes en cours, les matériaux de pensée, les essais visuels et les textes qui ne relèvent ni complètement du journal, ni complètement de l’essai, ni complètement de la fiction.
Elle n’a pas vocation à tout expliquer. Elle doit plutôt permettre de rendre visible un travail intérieur, graphique et narratif, qui avance parfois par éclats.
Entre corps, mémoire et imaginaire
L’écriture et l’image ont en commun de pouvoir faire apparaître ce qui reste difficile à dire frontalement.
Elles permettent d’approcher le corps sans le réduire à un diagnostic.
Elles permettent d’évoquer la mémoire sans en faire une archive froide.
Elles permettent de parler de vulnérabilité sans la transformer en posture.
Elles permettent de construire des mondes sans fuir le réel.
Dans cet espace, les textes et les images pourront donc traverser plusieurs zones : le corps, la trace, la mobilité, la contrainte, la transformation, le temps, la solitude, l’autonomie, la technologie, les paysages intérieurs, les futurs possibles.
Il ne s’agira pas de produire un discours artistique définitif. Il s’agira davantage d’explorer ce que certaines formes permettent de penser, de ressentir ou de déplacer.
Ne pas séparer totalement le sensible et l’intellectuel
Une partie de mon travail public s’inscrit dans l’analyse, la transmission, la stratégie, les vulnérabilités, les organisations et les politiques du handicap.
Mais une autre partie existe ailleurs.
Elle n’est pas moins sérieuse.
Elle n’est pas moins construite.
Elle n’est pas moins importante.
Elle passe simplement par d’autres chemins.
L’écriture et l’art permettent parfois de saisir ce que l’analyse rationnelle ne suffit pas à contenir. Non pas contre la pensée, mais à côté d’elle. Comme une autre méthode d’approche. Comme une autre façon de regarder les mêmes réalités, avec moins de volonté de démontrer et davantage d’attention aux formes.
Cette rubrique assumera donc une forme de porosité : entre l’intime et le politique, entre le vécu et l’imaginaire, entre le document et la fiction, entre la photographie et le texte, entre l’expérience du corps et la construction d’un langage.
Une archive vivante plutôt qu’un musée personnel
Je ne veux pas faire de cet espace un musée personnel.
Je préfère l’imaginer comme une archive vivante.
Une archive, parce qu’elle conservera des traces : textes courts, notes, fragments, séries visuelles, hypothèses narratives, images numériques, projets en développement.
Vivante, parce qu’elle pourra évoluer. Certains textes seront peut-être des points de départ. Certaines images annonceront peut-être une série plus vaste. Certains fragments deviendront peut-être des livres, des supports, des installations, des récits ou des objets hybrides.
Il n’y a pas ici d’obligation de produire vite, ni de tout rentabiliser, ni de transformer chaque intuition en résultat immédiatement lisible.
Il y aura des publications régulières, mais elles pourront rester modestes. Un texte court peut parfois ouvrir davantage qu’un long manifeste. Une image isolée peut parfois contenir une direction entière. Une note de travail peut parfois devenir, plus tard, la première pierre d’un projet plus ambitieux.
Ce que l’on trouvera ici
Cette rubrique accueillera progressivement plusieurs types de publications :
- des fragments littéraires ;
- des notes autour de projets en cours ;
- des essais visuels ;
- des photographies ;
- des recherches autour de l’image numérique ;
- des textes sur le corps, la mémoire, la contrainte et la transformation ;
- des réflexions sur l’écriture, l’art et les formes hybrides ;
- des esquisses de récits ou d’univers en construction.
Le fil conducteur ne sera pas un style unique.
Le fil conducteur sera plutôt une tension : chercher des formes capables de tenir ensemble le réel et l’imaginaire, l’expérience et la projection, la fragilité et la puissance, la trace et la métamorphose.
Une première pierre
Ce texte est donc une première pierre.
Il ne prétend pas résumer tout ce qui viendra. Il sert simplement à ouvrir la porte.
À partir d’ici, cette catégorie pourra accueillir des publications plus libres, plus sensibles, plus graphiques, plus littéraires. Certaines seront très courtes. D’autres seront plus construites. Certaines parleront directement de création. D’autres prendront la forme d’un fragment, d’une image ou d’un récit.
L’essentiel est ailleurs : créer un lieu où ces formes puissent exister.
Non pas pour remplir une page vide.
Mais parce qu’un site personnel ne devrait pas seulement présenter ce que l’on fait déjà. Il devrait aussi permettre d’accueillir ce qui cherche encore sa forme.
